« Tu y es pour quelque chose ? Oui, dis-je à voix basse. Oui, j’y étais pour quelque chose, mais je ne pouvais pas lui en dire plus, je ne pouvais pas donner de détails, je ne pouvais rien dire, pour me protéger moi, pour la protéger elle, pour protéger le journaliste avec qui je travaillais. Dans ma situation, je devais me taire, c’était la seule option, la meilleure garantie de sécurité pour ceux qui m’entouraient. Parler, dire la moindre chose, présentait trop de risques. »
Le nouveau roman de Jean-Philippe Toussaint nous plonge dans les coulisses des institutions européennes sur fond d’escroquerie internationale et de corruption. Le narrateur, fraîchement divorcé, vient de perdre son père, haut fonctionnaire européen. Fonctionnaire européen lui-même, il découvre l’existence d’un réseau de corruption grâce à une clé USB. En partance pour Tokyo, il se fait dérober son ordinateur en Chine. Très peu de temps après, il fait une rencontre qu’il espère fortuite dans le train Paris-Bruxelles, avec Yolande, une femme proche du dossier et de certains protagonistes de cet imbroglio.
Jean-Philippe Toussaint joue avec les nerfs du lecteur en s’ingéniant à décrire avec une minutie maniaque – creusant, reformulant, répétant – chaque situation, chaque décor, y compris dans ses détails les plus insignifiants. La Hantise, un roman qui nous tient en haleine, nous interroge, et nous réjouit, aussi.


