Comment continuer à apparaître comme une entreprise « socialement responsable » ? Débarrassé de la langue de bois des manuels de management habituels, ce livre répond frontalement à toutes ces questions. Il éclaire les rouages de la domination au travail et jette une lumière crue sur la manière dont sont produits certains de nos biens de consommation les plus courants.
Ce vrai-faux manuel, écrit du point de vue du capital, explique sans détour les principes de l’exploitation industrielle contemporaine. Comment concevoir une usine pour produire au moindre coût et avec une efficacité maximale ? Quels sont les États à même de vous offrir la main-d’oeuvre la plus docile et exploitable ? Comment diviser les ouvriers pour mieux garantir leur impuissance ? Prévenir le développement des syndicats ? Réprimer rébellions et grèves ? Quand et comment délocaliser ? Et surtout, après tant de violences.
C’est aux grands gagnants de la mondialisation que s’adresse Anthony Galluzo, professeur des universités en sciences de gestion à qui l’on devait déjà La Fabrique du Consommateur et le Mythe de l’Entrepreneur. Avec un décalage de ton grinçant, il détaille par le menu les mille manières de discipliner le travail dont dispose le capitalisme triomphant. Mais que ce second degré qui rend la lecture fluide mais aussi plus supportable ne nous détourne pas de la rigueur de cet essai. Chaque exemple est rigoureusement sourcé, s’appuyant sur des observations ethnographiques récentes – les plus anciennes, loin de documenter les pratiques les plus archaïques, ne remontant qu’aux années 70.


