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du 29 juin au 16 août 2026 :

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CH – 1205 Genève

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Genève confidentiel

La ville de Jean Calvin et de la Réforme change. Derrière sa réputation austère de refuge pour les exilés politiques, le berceau de la Croix-Rouge, de Rousseau et des conventions de Genève abrite des fortunes bien cachées. Pas plus peuplée que Toulouse, une seule de ses banques dispose d’avoirs supérieurs au PIB de la Belgique.

Marc Guéniat a enquêté sur le nouvel ordre de cette ville qui aime l’argent des autres, y compris français, et sait le faire fructifier. On y rencontre des oligarques russes, des avocats qui défendent les intérêts de leurs clients jusque dans l’enceinte du Palais fédéral, un détective au coeur de ces affaires interlopes, et la fondation d’une célèbre montre aux ramifications opaques et à la bonté bien distribuée. Il y a les pauvres aussi, et les travailleurs qui migrent, dont personne ne parle mais sans lesquels l’horlogerie se détraquerait vite.

Discussion animée par Sylvain Thévoz, membre de la plateforme pour la Justice fiscale.

Le problème à trois corps du capitalisme

Romaric Godin, journaliste économique à Mediapart, explique dans cet ouvrage passionant pourquoi la domination du capital dans nos sociétés ne peut qu’aboutir au désastre. Pour lui, le besoin d’accumulation infinie du capital est une fuite en avant mortifère, accélérant les trois crises en cours : économique, écologique et anthropologique. L’ouvrage démontre que la montée actuelle des autoritarismes est également la conséquence inéluctable de cette impasse capitaliste, qui entre dans une nouvelle phase, autoritaire et hybridée à l’État, qu’il nomme « capitalisme d’état d’urgence ».

Cette rencontre sera modérée par l’économiste Cédric Durand.

Dans l’ombre du génocide des Tutsi

La Suisse et le Rwanda 1950- 1994

En 1994, près d’un million de Tutsi ont été exterminés au Rwanda. On sait peu que la Coopération suisse était très présente dans ce pays depuis son indépendance. Si le rôle de la France et de la Belgique est souvent évoqué dans l’enchaînement qui a mené au génocide, on parle moins du fait que la Suisse a fermé les yeux et, jusqu’en 1990 tout au moins, n’a pas usé de sa place de contributeur important pour faire pression sur le régime rwandais.
Se basant sur de nombreuses sources, Anne Emery-Torracinta aborde dans cet ouvrage un sujet encore peu traité par les historiens.

Cette rencontre autour du livre paru aux éditions Slatkine sera animée par Jean-Philippe Ceppi, journaliste.

Parlons prisons : dedans et dehors contre l’enfermement

Lieu de nombreux fantasmes, la prison est souvent présentée comme un outil de « réinsertion » ou comme un « mal nécessaire ». Ce livre, qui réunit des paroles de détenus, de proches de détenus et de militant·e·s, raconte une tout autre histoire. Leurs témoignages et leurs analyses donnent à voir la prison pour ce qu’elle est : une réalité tangible, un outil de maintien de l’ordre social et une machine à briser la vie de celles et ceux qui ne jouissent pas du privilège de « l’innocence ». Face à celles et ceux qui estiment pouvoir parler de prison sans mettre ces mots au cœur de la discussion, ce livre se propose de redistribuer la parole, en espérant qu’elle inspire l’abolition.

Parlons prisons est un collectif anticarcéral basé à Genève depuis 2020 qui soutient les personnes détenues et leurs proches.

Le livre « Parlons Prisons – dedans et dehors contre l’enfermement » est composé de contributions de personnes concernées par l’enfermement ainsi que du texte fondateur du collectif. Cet ouvrage propose une analyse anticarcérale à travers les expériences vécues, à partir de Genève.

Anatomie d’une puce

Semi-conducteurs : l’impossible relocalisation

Alors que la crise écologique s’aggrave, le numérique se présente comme un acteur de la « transition écologique » et l’Europe investit des milliards dans la relocalisation de l’industrie électronique. Dans cet ouvrage grand public, publié aux éditions Le Monde à l’envers, activistes, journalistes et universitaires démontrent faits à l’appui que cette « relocalisation » n’est qu’un slogan publicitaire. En effet, les puces électroniques sont issues d’un extractivisme forcené et de pratiques coloniales. Elles parcourent en outre des centaines de milliers de kilomètres avant de finir dans nos objets quotidiens.
La rencontre sera modérée par Philippe de Rougemont

L’âme noire de la démocratie

Et s’il était temps aujourd’hui de lever le tabou de la critique de la démocratie?

Dans son nouvel ouvrage, le sociologue Geoffroy de Lagasnerie propose de rompre avec la croyance dans les vertus nécessaires de la démocratie. Il questionne l’évidence des principes de majorité, de vote, de représentation ou de souveraineté populaire, du parlementarisme, du débat entre des opinions départagées par une élection…
Et nous enjoint à ouvrir notre imaginaire pour chercher d’autres moyens, à la fois plus rationnels et plus justes, de légitimer l’acte de gouverner.

Cette rencontre sera modérée par Nicolas Tavaglione, politologue.

Soyons woke

Au spectre du « wokisme » qu’agitent de manière obsessionnelle les sphères réactionnaires, ce livre se propose d’accorder une sincère et chaleureuse hospitalité. Le philosophe, essayiste et militant Pierre Tevanian prend le parti d’assumer le stigmate et de le revendiquer. Au-delà d’une posture défensive, faisant valoir à juste titre que « le wokisme » n’existe pas en tant que courant homogène, puissant et organisé, l’auteur investit en positif la question, en clamant haut et fort que si le wokisme n’existe pas, alors il faut l’inventer.

Cette rencontre sera modérée par Valérie Opériol, chargée d’enseignement à l’Université de Genève.

Antiféminisme : regards sur un phénomène global

Nous avons le plaisir de recevoir Alix Heiniger et Coline de Senarclens pour une discussion autour du dernier numéro de la revue Nouvelles questions féministes (éditions Antipodes) portant sur l’antiféminisme.
Que désigne ce mouvement réactionnaire et comment a-t-il évolué au cours du temps ? Quelles sont ses différentes formes contemporaines et quelles sont ses cibles aujourd’hui ?

Des hommes concernés

Comment les hommes occidentaux vivent-ils ce vaste mouvement sociétal féministe, intensifié par #Meloo, qui remet en question les idéaux normatifs de masculinité, et les incite à revoir leurs manières de penser et d’agir?
Certains, effrayés ou perplexes quant à ce que l’avenir leur réserve, défendent ardemment le patriarcat. D’autres saisissent au contraire cette occasion pour réfléchir en profondeur à eux-mêmes, à leur histoire, à leur posture.
Cette rencontre autour du dernier livre de Laurence Bachmann, paru aux éditions Epistémé, sera animée par Dominique Hartmann, journaliste au Courrier.

Découvrir l’antifascisme

En redonnant la parole aux intellectuels et militants, d’Antonio Gramsci à Emma Goldman, en passant par Léon Trotsky, Sylvia Pankhurst, Clara
Zetkin, George Padmore, Daniel Guérin et bien d’autres, Stéfanie Prezioso retrace dans cet ouvrage l’histoire de l’antifascisme, ses hauts faits et ses impasses. Elle montre comment les gauches ont cherché à comprendre le fascisme, cette réalité inédite, et à organiser, en divers lieux et à diverses échelles, la riposte.
Cette rencontre sera animée par Thomas Cornaz, historien.